Episode 2 : Anne et Jean-Martin du Grand Potager, maraichage sur petite surface et efficacité

Installés dans l’ancien potager du chateau d’Haltinne, Anne et Jean-Martin ont développé du maraichage sur petite surface. Nous avions découvert leur projet grâce à Martin dans l’épisode 0. Pour ce deuxième épisode, nous abordons avec eux l’importance de l’organisation et de l’efficacité. Bonne écoute !

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Le Grand Potager, c’est un grand jardin de maraichage sur un demi-hectare. Ce potager existe depuis plus de deux-cents ans et il était auparavant attaché au château d’Haltinne. C’est avant tout un projet de vie qui va s’y créé lorsqu’Anne, en reconversion professionnelle, et Jean-Martin, cherchant un lieu de retraite active, découvrent ce lieu. Pourtant, à l’époque, ce n’est encore qu’une friche car le potager avait été abandonné depuis plus de trente ans.

Alors qu’ils entreprennent de défricher le lieu, ils décident de se former à la Ferme à l’Arbre, chez Henri Paque. C’est une rencontre qui sera décisive. Ils y apprennent beaucoup et sont fortement aidé dans leur projet par Henri et par Claire qui était la maraichère du lieu à l’époque. Aujourd’hui encore, ils continuent de collaborer avec cette ferme. C’est eux qui, selon Anne, leur ont appris les bases les plus fondamentales du maraichage, notamment grâce au « bon sens paysan » d’Henri.

Au Grand Potager, une bonne organisation est ce qui permet au travail d’être efficace. Toutes leurs planches et leurs tunnels font trente mètres, une grande partie de l’outillage est standardisé. Comme ils commençaient de rien et qu’ils avaient la chance de pouvoir investir dés le départ dans un outil performant, Anne et Jean-Martin ont pu faire les bons choix dés le début. Par ailleurs, on ayant visité d’autres fermes, ils ont tiré des leçons de ce qu’ils avaient vu. Ce qu’ils ont construit est donc assez simple mais performant. Ils ne multiplient pas les outils mais en prennent des bons qui peuvent leur servir à plusieurs choses (par exemple, ils surélève une brouette avec deux caisses et une planche afin qu’elle soit à la bonne hauteur pour les semis). Ils ont pensé leurs espaces en circuits. Les légumes rentrent d’un côté, ils sont nettoyés dans les baignoires, ils passent ensuite par les tables de préparation et finissent dans la chambre froide. Les tables n’ont pas de pieds, leur hauteur est adaptée pour une ergonomie optimale, et ses dimensions ont été calculées pour correspondre exactement aux plaques de semis. Au sol, c’est du beton lissé et il y a des évacuations d’eau. Ce sont plein de petits détails qui leur permettent de moduler l’espace en fonction de ce qu’ils y font et d’être efficace.

Concernant le canal de vente aussi, ils ont décidé d’être efficace. En effet, ils ne travaillent qu’avec les magasins BioCap. Au départ, ils ne pensaient faire que de la vente directe, mais ils se sont rendus compte qu’ils préféraient être au jardin plutôt que dans la boutique et ils se sont surtout retrouvés avec des légumes en ne sachant pas quoi en faire. C’est à nouveau une belle rencontre qui leur a permis de trouver la solution lorsqu’ils contactent Martine de chez Biocap qui accepte de prendre leurs légumes sans les connaître. S’en suit une belle collaboration qui continue encore aujourd’hui. Même si c’est un risque de n’avoir qu’un seul débouché c’est surtout très confortable car cela leur permet de maximiser les récoltes et les livraisons.

Aujourd’hui, le Grand Potager s’étend sur deux parcelles. Sur l’une d’entre elles, ils ne passent qu’au motoculteur, sur l’autre ils font un labour d’hiver. Dans les murs la terre et légère et il est difficile de mécaniser d’une part et d’autre part, l’idée était de travailler manuellement le plus possible avec la grelinette et parfois avec le motoculteur. Là, ça fait la sixième année et la terre s’est améliorée donc c’est plus facile. De l’autre côté par contre, c’est une parcelle qu’ils n’exploitent que pour la deuxième année et qui est beaucoup plus lourde. Elle donc plus difficile à travailler, donc pour l’instant, un entrepreneur fait un labour d’hiver puis un épandage de fumier composté. Ils commencent à voir la structure qui s’améliore.

Les murs du potager sont très hauts, ils font jusque quatre mètres. Le Grand Potager travaille donc avec le verger conservatoire de Gembloux pour développer les techniques anciennes de palissage sur ces murs, mais également pour conserver des variétés sur leurs terres.

Anne et Jean-Martin réalisent la plupart de leurs semis eux-mêmes. Cela leur permet de produire des petites séries quand ils le veulent et de faire plus de rotations que s’ils semaient directement en pleine terre. De plus, ils peuvent sélectionner des variétés, soit pour des qualités gustatives, soit parce qu’elles sont mieux adaptées à leurs terres. Ainsi, pour les pois et les tomates, ils produisent leurs semences eux-même. Pour réaliser tous ces plans, ils ont créé une salle de germination dans le batiment isolé. Cette salle est chauffée car elle devait être leur salle de vente initialement et ils l’ont équipé de deux lampes haute pression sodium. Ils peuvent ainsi maitriser la température. Ils ont un deuxième espace, la chambre froide, qui sert aussi de chambre chaude et constitue un espace intermédiaire à 12-15° et puis, après cela, les plans vont dans le tunnel, sous lequel passe un circuit d’eau chaude, pensé en même temps que la construction de la maison.

Leur variété préférée est la poire Clément, qu’ils ont intégré dans leur jardin via le partenariat avec le conservatoire de Gembloux.

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